Le Fossé de l’aumône est un véritable tableau. Il en a la force, la couleur et la précision de trait. Mais c’est un tableau vivant, animé par une écriture à la fois brutale et généreuse, sans états d’âme et pourtant tout en sensibilité, d’où surgit une humanité que l’on n’attendait pas, au milieu de ce tas d’ordures et de moribonds. Un peu comme si l’on y versait un trop plein d’amour pour le genre humain. Ou comme si l’on voyait dans ce concentré de misère, dans cette société en putréfaction, la résistance d’une humanité très forte. Mais les mauvaises herbes des terrains vagues, si elles sont peut-être moins belles que les fleurs en pot, ne vivent-elles pas un peu plus librement ? Ne sont-elles pas, au fond, le vrai miracle de la nature ?