Europe 1

« Le chaudron de Montlouis »

Le chaudron de Montlouis11 octobre 2017, par Marion Lagardère
« À lire, notamment, le récit d’Olivier Brunhes qui fait le portait de Montlouis, petite bourgade du Cher coupée en deux, où "des clans irréductibles ne se parlent plus que par invectives, plaintes aux gendarmes et assignations en justice. »
Marion Lagardère

Dans la presse ce matin, on liste les fractures et les divisions.

Et puis, divisions et fractures, c’est aussi le thème de la Revue XXI.

 "Double France : voyage dans un pays éclaté", c’est le titre de ce dossier qui propose d’ausculter un hexagone "fragmenté".

 À lire, notamment, le récit d’Olivier Brunhes qui fait le portait de Montlouis, petite bourgade du Cher coupée en deux, où "des clans irréductibles ne se parlent plus que par invectives, plaintes aux gendarmes et assignations en justice".

 Pour comprendre, il faut remonter le fil sur plus de trente ans.

 "Au début des années 80, dit-il, la grande bascule s’enclenche. Montlouis procède au remembrement de ses parcelles agricoles, une redistribution, pilotée par l’État, qui permet de regrouper les petits champs éparpillés en domaines de centaines d’hectares. C’est la fin du bocage, les haies sont arrachées, et suivent des années de chambardement du paysage, au rythme des directives, nationales puis européennes. Le Crédit Agricole prête à tour de bras à ceux qui suivent, les taux d’intérêt montent à 12%, la FNSEA s’implante partout, l’utilisation massive des engrais et pesticides devient ordinaire"

 Le journaliste raconte les hectolitres largués par avion, "la foi dans les nouvelles techniques est telle que les pilotes sont accueillis en héros sur la place du village. Nul ne se soucie des conséquences environnementales. Il y a ceux qui croient à l’intensif, et les partisans du bio.

 Et puis, plus tard, dans les années 2000, arrivent les éoliennes. Les démarcheurs font leur apparition, passant dans les fermes pour proposer l’implantation de mâts, moyennant rétribution. À l’époque, personne ne se doute qu’il s’agit d’un énorme business, décliné dans toute l’Europe. Le village se divise, il y a les antis, il y a les pros, on soupçonne les opposants d’être jaloux de ne pas bénéficier de la manne. Personne n’écoute personne. On se déchire, on se replie sur soi. La transformation irréversible du paysage a déclenché des grincements d’âme", résume Olivier Brunhes.

 Un reportage de 10 pages à lire dans la Revue XXI, qui bien au-delà de ce village du Cher parlera sans doute à beaucoup de Français. »

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